Emission "La voix du Ghetto" diffusée le 10 août 2011 sur Radio Aligre FM, transcrite en français. Bonjour, bienvenue dans la Voix du Ghetto comme tous les mercredis 11h-12h sur 93.1 FM ou www.aligrefm.org La voix du ghetto est là pour vous faire découvrir et entendre tout ceux que les gros médias institutionnels ne veulent plus voir parce qu'ils n'ont rien à y gagner, bref une émission qui va vous parler d'hommes, de femmes, d'êtres humains, et pas de la valeur du capital. Aujourd'hui, la Voix du Ghetto reçoit l'association "Les Yeux pour entendre" qui viendront vous parler de surdité, et d'échanges, de liens sociales entre sourds et entendants. Bref, des gens qui, malgré le handicap, poursuivent leur quête de joie comme disait Patrice de la Tour du Pain. Il dit : "Il faut partir pour conquérir la joie, vous irez deux par deux pour vous garder du mal par les forêts, les fleuves, par toutes les voies ouvertes sur les solitudes de lumière. Vos bonheurs assouvis sentent déjà la cendre, vous chasserez de jour, de nuit, jusqu'aux frontières de l'âme où vous n'avez jamais osé descendre. Il vous faudra forcer au fond de leur retraite jusqu'au ciel de la mort étrangement hontée, tout scintillant comme des joyaux de beauté, les anges sauvages de l'éternelle fête. Venez, ouvrez vos oreilles à la Voix du Ghetto en restant caler sur Aligre FM. Venez, entrez et asseyez-vous pour partager. Aujourd'hui à la technique, c'est Sven Decharte qui a la dure charge de mettre tout en forme pour que vous puissiez bien écouter, nickel, caler dans votre canapé. Aujourd'hui, on va tout de suite commencer en musique avec une reprise de Dutronc , Jacques de son prénom par le groupe Fundé, le titre "L'opportuniste" que vous allez découvrir version reggae pour vos oreilles et les faire scintiller. C'est parti.... (musique) Bonjour, il est 11h11. Vous êtes sur 93.1 FM sur Radio Aligre dans la Voix du Ghetto. Aujourd'hui, la Voix du Ghetto reçoit Sandrine Herman, présidente d'honneur de l'association Les Yeux pour Entendre, parce qu'elle l'a fondée, et Nicolas Médin qui est président actuel de l'association, et Audrey Coury qui est interprète en LSF. Alors aujourd'hui, une émission un peu spéciale puisqu'en fait Nicolas Médin et Sandrine herman sont sourds et ne pourront donc pas prendre la parole, donc c'est Audrey Coury qui va se charger de faire la traduction et de prêter sa voix pour qu'ils puissent faire entendre leur message. Aujourd'hui, vous l'aurez compris, on va parler de l'association Les Yeux pour entendre qui est une association de créer du lien social et d'apporter de l'aide pour les personnes sourdes, et du lien social entre sourds et entendants. Alors, déjà on va commencer par être poli ... Bonjour Messieurs, dames, est-ce que vous allez bien ? Est-ce que vous vous sentez à l'aise dans le studio Nicolas, Sandrine : Oui, ça va, très bien. merci. Journaliste : Est-ce que ça vous plaît d'être ici ? Vous êtes contents de pouvoir venir à la radio pour faire entendre votre message de la surdité. Sandrine : biensûr Nicolas : oui, on est prêt. Sandrine : Oui c'est vrai que c'est très important d'informer les gens de ce qu'il se passe. On a des messages à faire passer, donc on va le faire. Journaliste : ok. Alors, on va tout de suite commencer tranquillement en découvrant un peu mieux l'association les Yeux pour Entendre à travers différentes questions que je vais vous poser et vous apporter les réponses que vous voulez comme par exemple depuis combien de temps existe votre association ? Quel est votre objet social ? Dans quel secteur géographique vous exercer vos activités ? Quelles sont les actions, les activités que vous avez mis en place pour permettre la réalisation de votre objet social. En gros, vous faites quoi pour apporter du lien social auprès des sourds. C'est un peu une question dans la question, est-ce que vous mettez en place des éléments pour permettre aux parents ... Sandrine : Oui, on a bien compris. L'association a été crée en 2004. Elle est située à Massy dans l'Essonne. Moi j'habitais à Paris autrefois, et on sait qu'il y a pleins d'associations qui sont là Paris pour les sourds. A Massy, en 2002, j'ai déménagé et là je me dis, c'est le désert, y a rien... Moi je suis habitante de cette ville, pour aller rencontrer des entendants, comment faire ? est-ce qu'il y a des cours ? Donc on s'est dit, il faut créer une association "Les yeux pour entendre" parce que nous, les sourds, on voit et on entend avec nos yeux puisque nos oreilles ne fonctionnent pas. Et du coup, en langue des signes, on avait besoin de tout ça, en temps que citoyen dans une ville, on a besoin de vivre et d'habiter avec des personnes entendantes et également changer le regard de ces voisins entendants, qu'ils voient qu'on est à égalité. Donc, du coup, les personnes qui participaient à l'association des sourds étaient là mais la société, en fait, sépare un peu ces deux genres de personnes : les sourds et les entendants, et du coup on s'est dit mais où est-ce qu'on va aller ? et du coup on s'est tous rejoint dans une association. Au début, c'était la diffusion de la langue des signes, l'objet principal et puis pour des personnes sourdes, leur proposer des activités comme cela existe pour les entendants. L'urgence, c'était d'abord dans les écoles de créer des classes bilingues, des enfants sourds, des enfants entendants de parents sourds, tous mélangés en LSF, une classe où l'enseignement se fait en langue des signes. Cela est fait depuis 3 ans. On a eu des financements pour cela, du conseil général du département du 91. Jérôme Guedj, qui était à l'époque président s'en est occupé. On a eu à l'époque beaucoup de soutien de la mairie aussi. Et du coup, ces classes ont été créées depuis 3 ans et ça fonctionne. Journaliste : Donc en fait, avant Sandrine tu habitais ... excuse moi je me permets de te tutoyer, tu habitais sur .. Sandrine : pas de soucis, aucun problème. Journaliste : Tu habitais sur Paris, et là il y avait des structures, il y avait des choses prévues pour les sourds pour faire du lien social. Et quand tu arrivais dans l'Essonne, tu as vu qu'il n'y avait rien. Comme quoi, cela montre tout de suite, que c'est une question fondamentale dans l'accompagnement de cette situation de handicap, puisque sur Paris il y avait des choses alors qu'à Massy, c'est quoi c'est à 30, 40 km de Paris, il y avait déjà plus rien. C'est quand même assez aberrant Sandrine : oui alors, à Paris , ce n'est pas parfait non plus, attention. Quand j'habitais Paris, il y avait des associations culturelles, il y a IVT par exemple qui est un théâtre où j'allais, du coup j'avais accès à la culture. IL y avait l'académie de la langue des signes françaises aussi pour tout ce qui est apprentissage de la langue des signes. A la Salpétrière, à Paris, à l'hôpital, il y a un accueil soin pour les sourds, il y a un pôle spécifique. A Massy, il n'y avait rien mais c'était surtout le regard qui m'a gêné, c'est-à-dire que les gens se disaient : « Mais comment on va faire avec elle ? «  et en fait, ils avaient peur de ça, moi j'ai dit « Mais non n'ayez pas peur » et du coup, on était vraiment exclu de part le regard. Par exemple, en situation d'urgence, quand mes enfants sont malades, j'étais coincée. Je ne pouvais rien faire, j'avais personne, je ne pouvais pas contacter les urgences. Donc il a fallu se battre, et dire « Je suis là, je suis une citoyenne comme les autres , j'ai besoin de ça, ça, ça ... » Donc il a fallu qu'on se batte. A Massy, il y a beaucoup de sourds en plus, qui habitent Massy. Et les gens ne disaient rien donc ils étaient vraiment dans l'ombre. On ne les voyait pas, donc moi j'ai voulu les mettre en lumière. Qu'on se montre, qu'on dise qu'on est là, qu'on a le droit de vivre comme les autres, qu'on a des besoins aussi. A Massy, bah on est là pas seulement pour dormir et pour manger. On est là aussi pour participer à la ville, et également au département aussi. Journaliste : Alors c'est assez étrange parce qu 'au XXIème siècle, il y ait encore ce regard. Malheureusement, la surdité ce n'est pas un handicap récent. Je crois que ça existe depuis l'aube de l'humanité. Ce qu'on rappelle pour les auditeurs et les auditrices, la surdité est un handicap qui vient du dysfonctionnement de l'oreille humaine qui ne permet pas d'entendre. Donc ce n'est pas dû à une maladie récente ou quoi que soit. C'est dû au dysfonctionnement de l'oreille humaine, comm il y a des gens qui ont des jambes qui ne marchent plus, ou qui ne voient pas. Donc c'est queque chose qui est aussi ancien que l'espèce humaine . C'est étrange que tu parles de peur, quand on te voit Sandrine, tu n'as pas l'air d'un monstre. Je sais pas c'est étrange. Nicolas : J'avais envie de dire quelque chose justement. Le mot handicape, d'où est-ce qu'il vient ? C'est le monde médical qui nous a catalogué comme handicapé. Il y a un manque, donc du coup on est handicapé. Mais nous, on ne pense pas être dans une catégorie d'handicapé. C'est un handicap social qu'on a, c'est la société qui nous donne une situation de handicap. Parce que nous, on a la langue des signes, mais comme il n'y a pas les structures adaptées au niveau de la société en langue des signes, on est coincé. Mais si elles existaient, ça irait. Donc le mot handicapé, non ! pour nous, on n'est pas handicapé Sandrine : Oui, effectivement , chacun se représente la surdité à sa façon, mais comme il ne la connaisse pas, ils en ont peur. Alors que c'est juste un problème de communication. Comme on ne peut pas communiquer, cela fait peur aux gens. Le problème est que la surdité est un handicap partagé. C'est un sociologue, Bernard Mottez, qui a remarqué ça et qui l'a noté dans ses ouvrages en disant, oui, c'est un handicap partagé. Les sourds ont l'habitude d'être coincé face à la communication, mais les entendants ne l'ont pas. C'est un miroir que ça leur renvoie qui fait qu'ils ont peur. Face à un sourd, les entendants ont peur. Alors que non !! regardez-nous, nous sommes prêts à communiquer, on peut faire du mime, du geste, n'importe quoi. Et les entendants n'ont pas l'habitude de ça, donc du coup ça les gêne, ils baissent les yeux, eux ils ont l'habitude d'entendre et il y a beaucoup de réflexes qui sont liés à l'auditif chez les entendants, et du coup ils oublient la personne en elle-même. Nicolas : oui, ils oublient l'humain. Journaliste : Justement La Voix du Ghetto est une émission qui est là pour mettre l'humain en valeur. Alors on va continuer en musique avec quelque chose de typiquement humain puisque c'est un titre de Mégane, Lincia, et Lisa qui ont participé à l'atelier d'écriture de la ville de Fleuris-Mérogis, qui vous donne à entendre le titre "Il était une fois" qui est une belle histoire d'amour On revient juste après ça. Sandrine, Niclas et Audrey pour continuer à parler du monde du silence. ... musique .... Bienvenue, il est 11h23, vous êtes sur Radio Aligre 93.1 FM dans La Voix du Ghetto. Toujours avec les représentants de l'association "Les yeux pour entendre" qui sont Sandrine Herman, présidente d'honneur de l'association parce qu'elle l'a fondée, Nicolas Médin, président actuel de l'association "Les Yeux pour Entendre" et Audrey Coury qui est interprète en langue des signes françaises, dont vous entendez la jolie voix parce qu'elle transcrit les propos de Nicolas et Sandrine qui sont donc des sourds et ne peuvent pas s'exprimer sur cette antenne mais qui le font par la voix d'Audrey. L'association YPE est une association qui s'occupe de créer du lien social pour les sourds, de donner accès à des cours sur la langue des signes. Donc on a vu en début d'émission que justement, les sourds ne sont pas des gens atteints d'une maladie =, c'étaient les médecins qui parlaient d'un handicap alors qu'en fait ce sont des gens qui juste un problème d'intégration social car souvent les entendants sont déstabilisés par des gens qui n'entendent pas et avec qui ils ont du mal à communiquer, d'autant plus qu'il y a beaucoup de choses dans la société actuelle, et dans le comportement humain en général, qui se font à travers l'audition. Donc justement en rebondissant sur ce constat, j'aimerais bien demander à Sandrine et à Nicolas, pour les auditeurs qui nous écoutent et qui connaitraient peut-être des gens en situation de handicap qui ne pourraient pas entendre s'il y a des contacts ou des adresses pour aller vers des associations qui pourraient aider les sourds à s'insérer socialement ou au moins à trouver du lien social... sur Paris et en région parisienne. Nicolas : Bon bah effectivement les entendants parlent et communiquer avec les sourds pour eux, c'est difficile. Mais c'est possible ! Il suffit juste de passer par le mime, de prendre un autre moyen de communication et on oublie la surdité. On oublie vraiment cela. Et les entendants n'ont pas l'habitude d'utiliser leur corps pour discuter. Les sourds, eux, sont ouverts à ça, permettent aussi aux entendants d'apprendre. Tout le monde est humain. Donc humainement, il y a des gestes, spontanément une communication verbale qui s'établit. Après on peut apprendre la langue des signes. Sandrine : Aujourd'hui, ce qui est dur c'est qu'effectivement beaucoup de choses sont basées sur l'auditif, les téléphones portables, toutes ces choses là ... Il n'y a plus de regard. Dans le métro, les gens ne se regardent plus, ils sont sur leur portable. Autrefois, les gens se souriaient, se regardaient, se faisaient quelques expressions de visage au moins, un clin d'oeil. Maintenant, non, les gens sont tous dans l'auditif, ils baissent la tête, les gens ne sourient plus. C'est dommage ! C'est dommage, et ça c'est vrai que nous, on peut leur donner, leur redonner cette envie de communiquer et c'est vraiment très important. On vit ensemble, c'est vraiment important. Nicolas : Oui, la langue des signes étant une langue visuelle. On est obligé de se regarder en langue des signes pour communiquer. On est obligé ! On se regarde, on regarde les mains de l'autre, et on se confronte à l'autre. Journaliste : Ca doit être plus facile avec des italiens, parce que ce sont des gens qui parlent beaucoup avec les mains, qui s'expriment comme ça. Ca doit être plus simple. Nicolas : oui, oui mais bon ça dépend. Sandrine : Effectivement, dans les pays developpés si on compare par rapport aux pays en voie de développement. Les pays développés sont dans la rapidité, la vitesse, le rendement etc...Alors que les pays en voie de développment sont plus dans la solidarité. Ils ont le temps, on a l'impression qu'ils ont plus le temps de se regarder, d'échanger... Moi, ce que je voudrais dire c'est que les sourds c'est une communauté culturelle, sociale et linguistique. Mais il faut arrêter de les regarder comme des handicapés, et il y a tout un tas d'associations où les sourds peuvent être accueillis Journaliste : Alors justement quelles sont-elles ? sandrine : bah, vous pouvez aller voir sur google. Il y a YPE dans le 91 "Les yeux pour entendre" Nicolas : On n'a pas de local actuellement, on aurait besoin d'un local ! Sandrine : A Paris, cela dépend de quelles thématiques vous avez besoin. Par exemple, il y a des cours de langue des signes à IVT (International Visual Theatre), à l'Académie ... pleins d'autres encore. Il y a beaucoup, beaucoup d'associations. Dans google, vous pouvez trouver un tas d'associations. Vous tapez : sourds, LSF ou sourds, langue des signes et vous allez avoir toute la liste des associations de Paris. Souvent, les entendants quand ils cherchent, ils ciblent la langue des signes, l'apprentissage de la langue des signes. Ils nous disent : "Oh mais qu'est ce que c'est beau la langue des signes !!! vraiment on voudrait apprendre " Nicolas : Mais c'est une langue qui n'est pas facile à prendre. Attention, c'est comme une autre langue. C'est comme l'anglais ou l'allemand à part qu'elle est visuelle c'est ça la différence. Sinon c'est aussi difficile, elle est à égalité avec les autres langues. Journaliste : Alors justement, Nicolas, il me semble que tu me disais quand vous êtes arrivés dans les studios que tu étais professeur d'université en langue des signes. Donc il existe justement des cursus où l'on peut apprendre la langue des signes, faire des études universitaires là dedans et trouver un travail et un avenir avec la langue des signes. Nicolas : oui, oui, moi effectivement j'ai un parcours ... bon d'abord j'ai appris la linguiste, la linguiste générale avec option Langue des signes. Moi j'ai suivi ce parcours maintenant j'ai un Bac+5 et maintenant je suis en poste à l'université et l'objectif est de diffuser la langue des signes aux entendants. donc ce sont des cours de langue des signes qui sont donnés pour des gens qui voudront devenir interprète par ailleurs pourquoi pas, ou autre chose. Mais des gens qui veulent travailler en lien avec les sourds. Journaliste : Alors justement pour continuer un peu avec toi, Nicolas sur langue des signes. Quelle est l'histoire de la langue des signes ? Et tu le disais, justement, c'est une langue, ce n'est pas juste de la gestuelle, il y a une grammaire, il y a une syntaxe comme dans n'importe quelle langue. Nicolas : Tout à fait, la langue des signes a été crée... euh elle n'a pas été créee en faite ...Elle vient depuis l'humanité, elle est arrivée en même temps que l'humanité. Deux persones sourdes qui sont obligées de communiquer, passent par la langue, des gestes. Elle est arrivée avant la voix. L'humanité ne parlait pas encore qu'il y avait déjà des gestes entre les gens pour communiquer. Ensuite, la voix est apparue et du coup la langue des signes a évolué de son côté et est devenue de plus en plus complexe. Elle s'est complexifiée, il y a aintenant une grammaire, une syntaxe. La langue des signes a été très opprimée, elle a été interdite pendant des années en 1880 à un congrès qui a eu lieu à Milan.Et les sourds effectivement, ont continué à se battre en disant "Mais on a le droit à notre langue, on a le droit de l'utiliser, il faut qu'on se batte pour elle". Sandrine : En 1880, la langue des signes a été interdite. En 1970 au moment du réveil sourd, dans la période des années 70. Ce sont des américains qui sont venus et qui se sont dit "Mais il y a rien en France, qu'est ce qui s'est passé ?" On les remercie quand même de nous avoir aider à débloquer ça. Effectivement, les entendants apprennent la langue des signes, c'est en option au bac. L'option LSF est en option au bas dans certains lycées mais par contre, pour les enfants sourds, eux ils sont encore privés de leur langue. C'est pour ça que l'association YPE a crée les classes bilingues à l'époque. Des classes où les enseignements se font en langue des signes directement. Il n'y a que 9 écoles en France qui proposent ce systême. Les enfants sourds sont encore privés de leur langue. Alors que les entendants, pour eux, la langue est diffusée. C'est un peu un paradoxe. Journaliste : Il reste encore un gros travail à faire. Nicolas : Je prends le lien. Dans les institutions spécialisées pour les sourds, des institutions de soin qui dépend du ministère de la Santé, et ensuite seulement on leur donne un enseignement. Nous ce qu'on voulait, c'est que les enfants soient intégrés dans une école normale avec des enseignements au même niveau que les entendants mais en langue des signes. Ils sont le droit à une éducation tout comme les enfants entendants. Il y a 80% de sourds qui sont illéttrés, il ne faut pas l'oublier. Puisque historiquement, l'éducation 'était pas adaptée , et ça n'a pas changé. Et nous, on veut changer cela. On veut qu'il y ait maintenant de la langue des signes dans les écoles pour les enfants sourds pour qu'ils apprennent toutes les connaissances, l'ouverture d'esprit... et ça ce n'est pas encore fini et on se bat encore. Mais c'est vrai que franchement il y a un vrai décalage, on est vraiment très en retard en France. Journaliste : Et aussi pour participer à leur sociabilisation, faire justement la rencontre d'autres enfants du monde qui va les entourer toutes leurs vies, c'est-à-dire le monde des entendants. Nicolas : Souvent, on dit que oui, si on leur donne la langue des signes, après ils ne pourront pas parler, sils ne pourront pas écrire. La langue des signes va couper tout ça. C'est complètement faux, au contraire. La langue des signes leur permet une fois qu'ils l'ont bien intégré de passer à une autre langue, en l'occurence le français pour eux. Et puis ils auront les capacités après de passer à l'écrit. Après l'oral, ça dépend des enfants, il y en a qui ont les capacités, d'autres pas mais il faut qu'ils intègrent déjà leur langue de base. Sandrine : Effectivement, la langue des signes, moi quand j'étais petite, c'était interdit. Ils oubliaient complètement qu'on était sourds. On était intégré, on n'entendait pas mais il fallait qu'on parle à l'oral alors qu'on n'entendait pas. Donc quand on nous appelait, c'est vraiment une discrimination, c'est affreux en classe, on ne se rend pas compte mais ... Journaliste : Surtout vis-à-vis des autres enfants. Ca doit être un calvaire de vivre ça. Sandrine : La langue des signes, c'est pour qui ?? C'est important pour la société aussi. Journaliste : Ce que vous dites c'est très juste. Parce que pour l'apprentissage du langage, l'Homme est un animal social qui a besoin de communiquer. C'est en communiquand avec les autres êtres humains qu'on a pu évoluer et sortir de la brousse pour créer des civilisations. C'est très juste ce que vous dites. On va continuer à deelopper cette problématique autour des sourds juste après un morceau de Christian Pacou et le groupe qui s'appelle "Les petits damnés de la terre" Il est 11h33 et vous êtes bien sur Aligre FM. C'est parti ... ... musique .... .. son coupé... Petit problème technique, La musique a été coupée. Bah on voit tout de suite revenir avec Nicolas, Sandrine et Audrey de l'association "Les Yeux pour Entendre" pour parler du monde des sourds, du monde du silence. Excusez-nous, ce sont les inconvénients du direct. Ca peut arriver, il n'y a pas d'impondérable. Il est 11H34, vous êtes sur votre radio favorite Aligre 93.1 FM et sur www.aligrefm.org avec Sandrine, président d'honneur de l'assoc. YPE parce qu'elle l'a fondé en 2004 si je ne dis pas de bétises... et Nicolas Médin, président actuel. Et la joile voix que vous entendez en supplément de la mienne est celle d'Audrey Coury qui est interprète en langue des signes française et qui donc prête sa voix à Nicolas et Sandrine. Donc on va continuer à parler des problématiques liées aux sourds, donc on a vu pendant la première demi-heure d'émission le fait qu'il manquait en France de structures qui étaient capables d'enseigner la langue des signes, de faire du lien social pour les sourds. Que les sourds connaissaient jusqu'à très récemment encore une certaine discrimination notamment dans la société puisque ce que décrivait Sandrine, à l'école quand ils étaient jeunes dans les années 80 ou 70 (ça ne doit pas dater de très longtemps) elle n'avait pas le droit d'utiliser la langue des signes, et en fait la maîtresse l'appelait par son prénom mais comme elle ne pouvait pas l'entendre forcément cela créait une situation assez difficile vis-à-vis des autres enfants. Et comme disait Sandrine il n'y a que 9 écoles en France qui ont inscrites la langue des signes dans leur programme. Il y a donc beaucoup d'enfants qui doivent vivre ça, ou alors justement ils doivent s'adresser à des instituts spécialisés donc être mis dans une situation où de fait, ils ne sont pas vu comme des citoyens à part entière dans cette société. Alors justement je vais rebondir là-dessus et je vais vous donner la parole parce que j'aurai bien voulu que vous nous disiez ce qui est fait à l'heure actuelle pour permettre aux sourds d'être intégré dans la société, pour leur permettre de trouver une place dans la cité, et ensuite voir un travail pour être intégré socialement t qu'est ce que vous pensez, à votre niveau, qu'il y a encore comme chemin à parcourir pour permettre cette intégration. Sandrine : On veut que les gens changent leur regard, qu'ils arrêtent de regarder notre oreille. Nous sommes des sourds, on travaille beaucoup, ici vous voyez on vient à la radio pour expliquer ça. Journaliste : Et pourquoi vous ne viendrez pas ... Sandrine : Voilà, tout à fait. Mais nous, on fait beaucoup de démarches pour expliquer aux gens ce qu'il se passent. Il y a du théâtre, il y a des films. Il y a beaucoup de choses qui sont faites. Souvent des personnages au cinéma, on n'en voit pas encore beaucoup alors qu'en Amérique ou alors en Angleterre, il y en a déjà pleins des comédiens. En France, pas encore. On voit, encore, que l'image n'est pas encore valorisée. Journaliste : Pour ce qui est des comédiens, je te coupe la parole Sandrine excuses-moi. Ce que tu disais sur les comédiens, je pensais à Mister Bean où généralement il ne parle quasiment pas pendant ces sketchs, c'est tout du visuel, c'est tout du mime, du gestuel Sandrine : Ca, c'est parfait, oui tout à fait. Nicolas : Effectivement, c'est une expression libre. Sourds et entendants peuvent la comprendre. Il y a une communication quand même, on comprend ce qu'il se passe. Après, on peut jsute rajouter de la langue des signes et puis voilà ... Sandrine : Vous savez Charlie Chaplin. A l'époque, avec qui a t-il travaillé ? avec 6 comédiens sourds. Donc on ne les voit pas, on ne les voyait pas, ils étaient derrière mais ils ont travaillé. Et en France, on n'a pas fait ça. Il y a un déni actuellement en France. Dolto par exemple, Françoise Dolto, a écrit tou un tas de livres sur les enfants. On a beaucoup parlé de Dolto, mais on a oms de parler de la partie où elle parlait des enfants sourds et de la langue des signes, ça on n'en parle jamais ! Donc c'est encore un déni pour moi de la société qui met de côté un peu tout ce travail avec et pour les sourds. Et même si on veut avancer, on nous remet un peu derrière. Journaliste : Et pourquoi d'après vous, il y a ce déni ? Nicolas : Ca, c'est vrai qu'il y a un problème d'oppression si on peut dire . C'est-à-dire que souvent, on dit "Il faut réparer les sourds" pour qu'ils puissent la société et être dans la norme. Il faut que tout soit propre, il faut faire un petit peu de ménage, en fait c'est ça ... Tout doit être bien, mais les différences on doit les effacer. Au contraire, il faut échanger sur nos différences Sandrine : Actuellement, souvent, ce n'est pas seulement pour les sourds c'est toute la société qui est comme ça. Le pouvoir, les assemblées souvent en France, ce sont souvent des médecins. Ils sot eux, dans la réparation pour la normalité, donc là effectivement on oublie le côté humain. Journaliste : Justement, quand vous êtes arrivés dans le studio, on a commencé à discuter. Et vous parliez justement de ce point de vue médical... Les problèmes des sourds ont été médicalisés, et du coup vous dites que le médecin essaient d'apporter, sans vouloir jeter de discrédit sur la profession médicale, essaie de vouloir apporter une réponse à cela qui est comment normaliser au maximum les sourds. Comment dire ... vous êtes sourds, mais vous serez comme les autres. En fait, forcément, de part la situation de handicap que vous etes différents, il faudrait vous permettre de développer votre différence, pour vivre avec, et de vivre mieux avec . C'est ça en fait, et pourquoi vous pensez que cette société, aussi bien au niveau médical, ou qu'au niveau des rapports avec les gens, on a cette volonté de vouloir normaliser tout ça, au lieu de pouvoir accueillir la différence... Sandrine : Les personnes entendantes essaient de s'imaginer à la place des sourds en fait. "Mais si je n'entendais pas moi, comme ça se passerait ?" Ils auraient l'impression de mourir, de devenir des fantômes. Et les entendants essaient de se mettre à notre place et se disent, du coup, bon il y a beaucoup d'interprétation qui sont faites en disant bah oui les sourds sont limités ... mais ils ne pourraient jamais se mettre à notre place. Nous, on a des processus de compensation, vsuellement, au niveau du toucher, au niveau corporel, au niveau de l'odorat. On n'entend pas, mais ç=cela ne nous gêne pas car on compense par d'autres choses. Et ça, les entendants l'oublient. Donc ils interprètent, ils prennent notre place mais ils se trompent. Par exemple, quand on met des casques à des entendants qui les mettent dans le silence, ils sont perdus. Mais pour nous les sourds, ce n'est pas pareils. Les gens qui deviennent sourds, je comprends qu'ils dépriment ... mais nous on a une communauté sociale et culturelle qui est là, donc on se débrouille, elle s'est construite toute seule cette communauté et on avance ! doc arrêtons d'être dans la réparation en disant les sourds sont bêtes et limités. Ce n'est pas le cas. Nicolas : En Grèce, Aristote, un philosophe et puis Platon également ont dit : "Les sourds ne peuvent parler, du coup ils ne peuvent pas penser" puisque appremment l'esprit serait détacher du corps. C'est faux ! Les sourds il y a un lien, on pense, on réfléchit, on a des avis, on peut s'exprimer comme toute personne humaine. Le moyen de communication est différent, c'est tout... On n'a pas la même langue. Et jusqu'à maintenant, c'est resté dans les esprits. Donc on continue à se battre, à avoir le droit à une place dans la société, à une reconnaissance et également la langue des signes. Sandrine : Je suis allée en Afrique du Sud, là il y a eu un congrès mondial sur les sourds récemment. Des chercheurs sourds et entendants ont analysés le deaf gain, ce qu'ils appellent, ce sont des sourds qui réussissent dans la vie et qui font que la société avance au niveau des relations humainnes mais également au niveau de tout ce qui est technique. Par exemple, des entreprises, uand il y a des réunions, souvent ce sont autour de tables rectangulaires et bah des sourds ont proposés de mettre des tables rondes parce que ça permet un regard ... visuellement ça rend le contact plus facile, des tables rectangulaires, ça casse la relation. Toutes ces choses là, par exemple Journaliste : Vous voyez, on n'est bien tombé ici ... puisque la table est ronde Sandrine : tout à fait, ici la table est ronde donc c'est très adapté ! Par exemple, quand il n'y a pas d'interprète, les entendants interagissent, se coupent la parole, c'est affolant en réunion. Quand il y a un interprète, et qu'il y a une personne sourde, ils sont obligés d'attendre qu'il est fini de traduire. Ils sont obligés, du coup ils changent leur comportement aussi. Donc tout ça, fait gagner la société en fait, pour l'ensemble des gens. Journaliste : Sur cette idée de gagner en respectant la différence qu'on va enchaîner avec un petit parisien qui vient de kabylie et qui s'appelle boualem Z et qui vous propose chers auditeurs et chères auditrices le titre "Ya Lili". C'est parti !! (...musique...) Bonjour à vous, il est 11h49. Vous êtes sur la voix du ghetto sur Aligre FM 93.1 FM. Aujjourd'hui la Voix du Ghetto reçoit l'association "Les Yeux pour Entendre" qui est une association qui s'occupe de créer du lien social entre sourds et entendants. Vous écoutez les personnes de l'association YPE en les personnes de Sandrine Herman, présidente d'honneur de l'association parce qu'elle en ait la fondatrice, et Nicolas Médin qui est le président actuel de l'association YPE et Audrey Coury qui est interprète en LSF et qui prête donc sa voix à Nicolas Médine et Sandrine Herman pour qu'ils puissent s'exprimer sur cette antenne. D'entrée de jeu, je vais tout de suite vous préciser qu'il y a un site www.yeuxpe.fr qui est le site de l'association YPE, si vous voulez plus d'informations sur l'association YPE, là vous aurez toutes les infos nécessaires. Et comme on dit Sandrine et Nicolas pendant l'émission si vous avez besoin, si dans votre entourage, il y a une personne qui rencontre cette problématique liée au monde des sourds, vous tapez tout simplement sur google "Langue des signes", "Association", "Sourds" et là vous trouverez pleins d'association à proximité de chez vous, pour venir aider parce que justement, c'est un peu ce qu'on a vu, au cours des 50 premières minutes de cette émission. C'est un handicap qui est aussi ancien que l'humanité, d'ailleurs ce que disait Nicolas à très juste titre c'est que la langue des signes est aussi ancienne que l'humanité puisqu'au début les humains n'avaient pas un langage articulé et communiquait par signe avant même que se pose le problème sourds/ entendants ... La première des langues, on va dire la langue originelle était la langue des signes puisque les humains n'avaient développés de langage articulé. Tout ce problème de vision des entendants vis à vis des sourds, puisque les entendants se sentent très déstabilisés par un sourd, puisque beaucoup de choses se passent par l'audition et c'est quelque chose d'assez déstabilisant d'avoir en face de soi quelqu'un qui n'entend pas. Et cette vision de la société ui voudrait tout normaliser et obliger les sourds à vivre comme des personnes tout à fait normal alors que du fit qu'ils n'entendent pas, ils sont forcément différents et appréhendent les choses différemment tout en ayant leur propre réflexion, leur propre pensée, leur propre capacité à imaginer le monde; alors moi en fait, je vais faire quelque chose d'un peu original dans cette émission. C'est à dire que je vais laisser la parole à Nicolas et à Sandrine pour qu'ils fassent passer un message, à vous auditeurs, auditrices sur ce qu'ils ont envie de dire en temps que sourds, sur ce que vit un sourd, ce que rencontre un sourd, et ce qui peut se passer en lien avec les entendants. Bref, je leur donne la parole pour qu'ils fassent entendre leur message : Sandrine : Un message pour les familles entendantes qui ont des enfants sourds, ou des parents qui ont des enfants sourds. ne regardez pas l'oreille, ne restez pas attacher au fait, que la personne n'entend pas. Quand c'est un bébé qui naît. On ne sait pas forcément qu'il est sourd mais ce qui est important c'est la relation. Oubliez un peu les blouses blanches, vivez avec votre enfant. Ne laissez pas les blouses blanches intervenir dans tout processus de création de relation avec votre enfant, c'est important de construire cette relation ensemble. Le développement du langage se fait avec la famille, donc laissez ça spontané. Bien sûr vous pouvez aller voir ce qui se passe pour les sourds, en tant qu'adulte, des gens qui ont déjà eu une expérience de ça. Au niveau de la société, changez votre regard, arrêtez de regarder les sourds en vous disant "Ils leur manquent quelque chose". La surdité est un handicap partagé, s'il y a un interprète, il est utile pour les deux, pour l'entendant mais pour le sourd aussi. Il n'est pas ma canne blanche à moi. L'interprète est là pour nous deux, moi je peux m'exprimer en langue des signes. Si l'interprète s'arrête de parler, c'est vous qui êtes coincé. C'est un handicap partagé, c'est Bernard Mottez qui a donné cette définition. Je voudrais juste vous dire aussi de lire si vous pouvez "Les sourds, existent-ils ?" de Bernard Mottez justement qui est un très bon livre Nicolas : l'association YPE, dans l'année propose plusieurs activités : il y a des arbres de Noël par exemple pour les enfants de tout âge, des contes qui sont proposés en LSF, c'est un public mixte, sourds et entendants. Il y a également d'autres activités dans l'année des conférences aussi qui sont organisées, des conférences sur la politique, sur la recherche, sur l'éducation. Il y a tout un tas de thématique de conférences qui sont organisées et qui sont ouvertes à tous. Tout un tas d'activités au cours de l'année. Sandrine : Il y a des colloques aussi, avec des personnes qui viennent de l'étranger. On a fait un colloque sur les enfants entendants de parents sourds par exemple qui est une problématique spécifique. On a invité des personnes qui venaient de l'étranger qui nous ont fait avancer aussi. Donc tout un tas de choses comme ça. Nicolas : En Afrique du Sud, le congrès mondial de la Fédération des sourds a été organisé au mois de juillet et la prochaine fois, ce sera en Turquie, on ne sait pas encore pour le moment cela avance? Mais il y aura une problématique plus large sur l'éducation, sur la langue des signes, les enfants et la famille, comment avancer ? Journaliste : Je vous remercie beaucoup. Malheureusement le temps imparti à l'émission est déjà terminé. Donc je remercie beaucoup Nicolas Médin, président de l'association YPE ainsi que Sandrine Herman, président d'honneur d'être venu dans La Voix du Ghetto et d'avoir participé à cette émission. Et je remercie également tout spécialement Audrey Coury qui a prêté sa voix pour permettre à vous chers auditeurs d'entendre le message de Nicolas et Sandrine, parce que comme disait Sandrine, c'est vrai, c'est un handicap partagé, j'aurai eu beaucoup de mal à faire cette émission sans le concours d'Audrey. Et je pense que le fait de donner la parole aux sourds c'est vraiment quelque chose de très important. Moi à mon niveau personnel, j'estime qu'on vit dans une société où justement il faudrait accueillir la différence et faire de la place pour toutes les différences qui peuvent exister parce que c'est tout simplement une loi génétique, naturelle. Chaque être humain naît différent de l'autre et il n'y a pas deux êtres humains qui se ressemblent et vouloir qu'on soit tous pareils, c'est renier la nature... puisqu'on est tous différents de part notre patrimoine génétique. On est tous différent dès la naissance, donc pourquoi vouloir tout uniformiser. Je vous remercie beaucoup d'avoir participer à la voix du Ghetto. La Voix du Ghetto, c'est fini pour cette semaine mais ça revient dès la semaine prochaine avec cette fois-ci des invités du collectif D39, des psychiatres et des patients psychiatrés qui se sont unis pour protester contre les lois qui ont été votés actuellement par le parlement et mise en place par le gouvernement Sarkozy pour faire passer les patients devant le juge, renforcer le nombre de sécurité à l'hôpital. Bref, on parlera de tout cela, la semaine prochaine ... D'ici là, passer une bonne semaine, qu'il vous arrive pleins de bonnes choses .... Soyez fou dans la vie, avoir un grain de folie, ça évite de s'ennuyer !